Institut Méditerranéen d’Océanologie
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ONU : conserver et exploiter de manière durable les océans, les mers et les ressources marines

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Une conférence de haut niveau des nations Unies s’est tenue à New York du 5 au 9 juin 2017, période marquée par la journée mondiale de l’océan, pour appuyer la mise en œuvre de l’ODD14 : conserver et exploiter de manière durable les océans, les mers et les ressources marines aux fins du développement durable
à New-York du Co-présidée par Fidji et la Suède, cette conférence a rassemblé plus de 8000 délégués, incluant chefs d’État ou de gouvernement, monde académique, bailleurs internationaux, secteur privé et acteurs de la société civile.

Cet événement a consacré la place essentielle du monde marin, représentant les trois-quarts de la surface de la Terre, au sein des enjeux environnementaux et diplomatiques internationaux.
Durant ces cinq jours, les débats généraux des réunions en plénière ont porté principalement sur la pêche illicite non déclarée et non réglementée, les aires marines protégées (avec annonce de création de plusieurs aires au Gabon ou en Afrique du Sud), l’économie bleue, le besoin d’un accord international sur la biodiversité au-delà des juridictions nationales, les plastiques et la pollution, le changement climatique, les pêches artisanales et les moyens d’implémentation.

L’appui crucial de la science ainsi que les besoins de renforcer les capacités de recherche pour faire face à ces problématiques ont été soulignés à de nombreuses reprises.

Agrandir l’image Conférence de haut niveau des Nations Unies sur l’ODD 14 - 5 au 9 juin 2017 - New York

Membre de la délégation française présidée par Serge Segura, ambassadeur pour les Océans, l’IRD a assuré son rayonnement à travers la participation de Florence Galletti (UMR MARBEC) à une séance plénière sur la conservation et la gestion durable des océans et de leurs ressources à travers la mise en œuvre du droit international concernant la haute mer.
Son intervention s’est articulée autour d’une approche générale de l’ensemble légal disponible et d’un cas pratique qui a récemment fait l’objet d’une campagne océanographique française pluridisciplinaire (Marion Dufresne du 20 avril au 18 mai 2017) pour étudier le mont sous-marin du Walters Shoal situé en haute mer dans l’océan Indien.
Cette intervention a permis d’apporter un éclairage scientifique crucial sur les principaux enjeux contemporains du droit international de la mer, enjeux d’actualité au regard du processus de négociation d’un futur accord pour la conservation et l’utilisation durable de la biodiversité en haute mer.

Avec ses partenaires, l’IRD est également intervenu lors événements parallèles rassemblant plusieurs acteurs politiques de haut niveau.
Le directeur du département scientifique OCEANS, Frédéric Ménard a pu ainsi présenter certains des impacts du changement climatique sur les ressources halieutiques, particulièrement importante dans la zone intertropicale, ainsi que les outils disponibles pour y faire face.
Patrice Brehmer (UMR LEMAR), en partenariat avec plusieurs acteurs et ministères clefs d’Afrique de l’Ouest, a également présenté les résultats du programme AWA et PIRATA, fondations pour l’établissement d’un observatoire pour les pêches et l’environnement marin en Afrique de l’Ouest répondant aux cibles multiples de l’ODD14.

Dans le cadre de cette conférence, plus de 1 300 engagements ont également été déposés par les États et la société civile pour mettre en œuvre les engagements de préservation de l’océan de l’OOD14. Dans cet élan collectif, l’IRD s’est également engagé avec ses partenaires du Sud, notamment de l’océan Pacifique.

En clôture de cette conférence, les États membres des Nations Unies ont adopté par consensus, au niveau intergouvernemental un projet de résolution déposé par les deux Présidents « L’océan, notre avenir : appel à l’action ».
Parmi ces 22 mesures d’urgence en faveur de la mise en œuvre de l’Objectif 14, cet accord souligne à plusieurs reprises le besoin de renforcer et approfondir les connaissances et la recherche scientifiques, particulièrement la nécessité « d’affecter davantage de ressources à la recherche scientifique marine, notamment à la recherche interdisciplinaire et à l’observation continue de l’océan et des côtes, ainsi qu’à la collecte et à l’échange de données et à la mise en commun des connaissances ».