Institut Méditerranéen d’Océanologie
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Le Prix de thèse d’Aix-Marseille Université décerné à Marine LASBLEIZ

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Le Prix de thèse d’Aix-Marseille Université 2014 a été décerné à Marine LASBLEIZ (MIO, Mediterranean Institute of Oceanography).

Ce prix récompense l’excellence des travaux de recherche sur la « Dynamique nutritionnelle du phytoplancton, cycles biogéochimiques du carbone et des éléments biogènes associés (N, P, Si) en fonction de la disponibilité en fer dans l’Océan Austral », présentés lors de sa soutenance le 15 décembre 2014 et menés sous la direction de Bernard QUEGUINER, Professeur Aix-Marseille Université, et Karine LEBLANC, Chargée de recherche au CNRS, affectés au MIO.
Ce prix lui sera remis, le jeudi 12 novembre 2015, au siège de l’Université, Amphithéâtre Gastaut.

Les cycles biogéochimiques du carbone et des éléments biogènes (Si, N, P) ont été étudiés en lien avec la dynamique nutritionnelle du phytoplancton dans le système naturellement fertilisé des Kerguelen, dans l’océan Austral. Cette étude s’inscrit dans le programme KEOPS 2, qui a ciblé la zone nord-est du plateau des Kerguelen au début de la saison productive (octobre-novembre 2011).

La comparaison avec une zone HNLC (High NutrientLowChlorophyll) limitée en fer a
confirmé certaines des précédentes observations réalisées au cours des expériences de fertilisations artificielles et naturelles : le fer stimule clairement la croissance du phytoplanctonet plus particulièrement celle des diatomées. Les zones naturellement fertilisées se sont en effet caractérisées par des biomasses en chlorophylle a et en silice biogénique 3-10 fois supérieures à la zone non-fertilisée et, par de fortes vitesses de production de silice biogénique atteignant des valeurs rarement observées dans l’océan Austral. La zone HNLC s’est caractérisée quant à elle par une population nanoplanctonique principalement composée de nanoflagellés autotrophes non siliceux.

Au sein même de la zone fertilisée, une diversité d’environnements biogéochimiques et decommunautés planctoniquesa été mise en évidence. Cette mosaïque de situations est reliée à l’instabilité des conditions de lumière et de mélange caractérisant la période d’initiation du bloom printanier.

Ce travail a démontré qu’en milieu naturel, le contrôle des rapports stœchiométriques est beaucoup plus complexe que ce qui a été couramment admis à l’issue des travauxde Takeda (1998) et de Hutchins et Bruland (1998).

Les diatomées de la zone fertilisée ont ainsi montré des rapports Si:C de production et de biomasse extrêmement élevés. Les observations de Marine LASBLEIZ ont mis en évidence une variabilité de réponses cellulaires entre les espèces et d’une station à l’autre. Les différences de biomasses en Si et C des diatomées apparaissent ainsi fortement dépendantes de la composition spécifique des populations de diatomées et de leurs réponses propres aux conditions du milieu plutôt que de la seule disponibilité en fer.

Ces travaux soulignent l’importance d’étudier la composition spécifique des populations de diatomées pour comprendre leurs implications dans les cycles biogéochimiques du C et du Si.