Institut Méditerranéen d’Océanologie
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Expédition Sargasses : on en parle encore dans la presse

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Un article paru dans le Télégramme de Brest intitulé : "Deux chercheuses de l’UBO en expédition aux Caraïbes"


Echouement de sargasses sur une plage, en Guadeloupe. Une photo prise par Valérie Stiger-Pouvreau qui a participé, ainsi qu’une autre enseignante-chercheuse brestoise, Solène Connan, à l’expédition Sargasses.

Le 19 juin dernier, au départ de Cayenne, en Guyane, plusieurs scientifiques embarquaient sur l’Antéa, un navire océanographique de l’Institut de recherche pour le développement, dans le cadre de l’« Expédition Sargasses », pilotée par l’Institut méditerranéen d’océanologie (MIO, de Marseille). La mission a pour but de comprendre le fonctionnement de ces algues brunes responsables d’échouements massifs et à l’origine de nombreux problèmes d’ordres économique, sanitaire ou écologique, dans les Caraïbes.

Des radeaux de dizaines de kilomètres

Certaines espèces de sargasses forment des radeaux d’algues pouvant atteindre plusieurs dizaines de kilomètres, sur plusieurs mètres de profondeur et qui finissent, en se déplaçant au gré des courants, par s’échouer sur les côtes. Outre ce côté encombrant, elles constituent tout de même un écosystème unique, la mer des Sargasses, dans lequel de nombreuses espèces foisonnent. Leurs mécanismes de développement restent encore assez peu connus et une meilleure compréhension de ces algues brunes permettraient de limiter leur prolifération tout en respectant la vie qui s’y développe.

Des bretonnes aux Caraïbes

Valérie Stiger-Pouvreau, docteur en écologie marine et maître de conférences au Lemar-IUEM-UBO, faisait partie de l’équipage. Lors d’une escale à Pointe-à-Pitre en Guadeloupe, le 2 juillet, elle a échangé sa place avec Solène Connan, maître de conférence également au Lemar.
Ces deux enseignantes-chercheuses sont en charge de l’identification des échantillons prélevés et du suivi biologique de ces organismes dans les radeaux formés. Alors que la plupart des sargasses vivent fixées sur un support rocheux, celles de la mer des Sargasses sont flottantes et dérivent à la surface de l’océan Atlantique, d’où un regard curieux porté sur les deux espèces la constituant : « sargassum fluitans » et « sargassum natans ». Au programme : des prélèvements d’échantillons et leur identification, des analyses morphologiques, chimiques et moléculaires, ainsi que des mesures de la photosynthèse, autant de manipulations nécessaire, afin de percer les mystères de ces végétaux marins. Pour Valérie Stiger-Pouvreau, cette campagne, c’est un rêve qui devient réalité : « J’ai effectué une thèse sur les sargasses dans le Pacifique sud. Et cela fait plus de 20 ans que je suis passionnée par ce type d’organismes. C’était un excellent moment de pouvoir observer, de mes propres yeux et non par le biais d’échantillons reçus au laboratoire, ces deux espèces, dès les premiers jours de la mission ».

Retour sur terre

Si l’expédition en mer s’est terminée jeudi, la recherche ne s’arrête pas là. L’équipe de scientifiques ne rentrera que lundi. Les travaux de recherche reprendront dès leur arrivée. Suite à la mission, d’autres questionnements se sont ajoutées aux problématiques de départ. Mais des débriefings et réunions sont déjà prévus pour les mois à venir et les premiers résultats seront disponibles début 2018. Valérie Stiger-Pouvreau espère aussi pouvoir trouver des moyens de valoriser ces sargasses, ce qui permettrait aux régions touchées par ce phénomène de retourner la situation à leur avantage.