Institut Méditerranéen d’Océanologie

COCONET

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Towards COast to COast NETworks of marine protected areas (from the shore to the high and deep sea), coupled with sea-based wind energy potential (CoCoNET). A new map for Marine Protected Areas in the Mediterranean and Black Sea.
Le projet COCONET (2012-2015) vise à identifier les interconnections potentielles entre les aires marines protégées (AMP) en Mer Méditerranée et en Mer Noire. Financé par l’Europe, ce programme vise à terme à optimiser l’« effet réserve » des AMPs en améliorant de façon notoire leur contribution à la conservation de la biodiversité, mais aussi à l’enrichissement de l’environnement régional par l’effet de synergie du réseau des AMPs. Neuf scientifiques du MIO sont partenaires de ce programme.

La recherche des connexions physiques et biologiques entre les AMP permet d’éclairer les processus qui régissent les modes de distribution de la biodiversité et en conséquence, d’améliorer les politiques de gestion de l’environnement. Le projet COCONET doit aider à évaluer si les AMP existantes sont suffisantes et à concevoir d’autres systèmes de protection basés sur des échanges efficaces entre les aires protégées. En ce sens, il est doublé d’un projet de repérage des zones d’installation de parcs éoliens, hors des zones d’habitat trop sensibles, qui joueraient le rôle de tremplins de substrats durs entre les AMPs existantes.
Sous la direction du professeur Ferdinando Boero de l’Université du Salento (Lecce, Italie), ce programme fédère 39 instituts de recherche de différents pays principalement sur les pourtours méditerranéens et de La Mer Noire.
Les scientifiques du MIO interviennent dans ce programme en tant que spécialistes de la circulation, des courants et des transports marins. Ils apparaissent sous l’étiquette de leurs tutelles respectives, l’université de Toulon et le CNRS.
L’objet de leurs recherches est d’établir un diagnostic de connectivité d’une particule en suivant sa trajectoire, c’est-à-dire la probabilité qu’elle a de se trouver à un point destination en partant d’un point source, dans un intervalle de temps donné. Les transports marins sont soumis à différents phénomènes tels les courants, les fronts, les tourbillons. Ainsi deux sites voisins mais séparés par un front peuvent avoir une faible probabilité d’échanges alors que deux sites éloignés peuvent être bien connectés grâce à un fort courant. La distance euclidienne classique ne peut donc pas représenter la connectivité de la population en milieu marin. Aussi une distance océanographique liée au temps de parcours a-t-elle été définie.
Un stage de M2 dans le cadre de l’AMU « Etude numérique Lagrangienne de la connectivité en Mer Méditerranée » a été effectué sous la direction d’A. Doglioli et A. Molcard en 2013 avec A.-M. Rammou. Il a donné lieu à un article en révision :
Berline, L., Rammou, A.-M., Doglioli, A.M., Molcard, A., Petrenko, A.A. (in revision). A connectivity-based ecoregionalization of the Mediterranean Sea. PLoS ONE.
Une thèse en Science de l’environnement ED251 AMU, a démarré avec A.Costa en octobre 2013, sous la direction d’Anne Petrenko et Andrea Doglioli. L’intitulé est « Connectivité entre aires marines protégées et biorégionalisation de la Méditerranée : une approche lagrangienne ».
Nos collègues Lucio Bellomo et Deny Malengros ont participé en juin 2013 à la campagne en mer sur le site pilote du Sud Adriatique à bord du navire océanographique italien Urania du CNR et les données sont en cours d’exploitation.

Voir en ligne : http://www.coconet-fp7.eu/