Institut Méditerranéen d’Océanologie
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2018 : Année internationale des récifs coralliens

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La survie des coraux est menacée par le réchauffement climatique et l’urbanisation des littoraux. Serge Planes directeur du Criobe (Pyrénées-Orientales) à Perpignan nous explique en vidéo ce que signifie cette année internationale des récifs coralliens.

2018 est officiellement l’année internationale des récifs coralliens. Cette troisième édition (après 1997 et 2008) est l’occasion de rappeler que s’ils n‘occupent que 0,2 % de la surface des océans, les récifs coralliens abritent en revanche 30 % des écosystèmes marins et constituent les plus grandes constructions biologiques du monde. Un seul kilomètre carré de récif réunit autant d’espèces que la totalité des côtes françaises. Avec 4,8 % des récifs coralliens de la planète, la France se place au quatrième rang, après l’Indonésie, l’Australie et les Philippines. “500 millions de personnes dans le monde sont directement liées aux récifs coralliens. Mais aujourd’hui, les changements climatiques et l’urbanisation des littoraux menacent leur survie”, explique Serge Planes, directeur du Criobe (Centre de recherches insulaires et observatoire de l’environnement) à Perpignan (Pyrénées-Orientales) et de l’Institut des récifs coralliens du Pacifique à Moorea (Polynésie française).


Le chercheur travaille depuis plus de trente ans sur la génétique des populations, l’évolution des individus, des populations et des espèces. Pour Sciences et Avenir, il explique ce que signifie cette année internationale du récif corallien, afin de préserver ces écosystèmes et les communautés qui en dépendent.

Il y a urgence, car 20 % des récifs de la planète sont déjà perdus et 25 % gravement menacés. Outre le changement climatique qui réchauffe les eaux, ils souffrent également de l’acidification des océans, et de la montée du niveau de la mer. En effet, l’accrétion du corail se fait à un rythme de 1 à 4 mm par an, alors que le niveau de l’eau monte de 6 à 9 mm dans le même temps. “Il faut donc sensibiliser le public et les politiques et proposer des outils de gestion, de conservation et de protection”, souligne Serge Planes. “L’Australie lance ainsi un appel à idées pour préserver la Grande Barrière, après deux épisodes de blanchissement qui ont entraîné jusqu’à 60 % de mortalité par endroits. La nature a des capacités d’adaptation, mais il faut donner du temps à ce milieu en lui offrant des protections qui lui permettent de se reconstruire.” Pour cela, chacun à son échelle peut faire quelque chose. Il faut absolument proscrire la cueillette du corail, ne pas marcher sur le récif, éviter les pollutions (fosses septiques, engrais, etc.) et la surpêche. Bref, si tous les acteurs du milieu s’unissent pour protéger ces écosystèmes, l’année 2018 pourrait être porteuse d’espoir pour la sauvegarde de la biodiversité marine.

Voir en ligne : https://www.sciencesetavenir.fr/nat...